Volkan Oezdemir suspendu 16 mois après un contrôle positif à l’EPO
En bref
- Volkan Oezdemir a annoncé lui-même, sur Instagram, avoir échoué à un contrôle antidopage à l’EPO.
- Le test remonte à février 2026, en période hors compétition.
- Il écope d’une suspension de 16 mois, réduite par la CSAD en raison de sa coopération.
- L’ancien challenger au titre des poids mi-lourds explique avoir été approché par un « professionnel de santé » qui lui aurait fourni le produit.
- L’UFC et la CSAD n’ont pas encore communiqué officiellement sur le dossier.
Volkan Oezdemir traverse l’un des moments les plus difficiles de sa carrière. L’ancien challenger au titre des poids mi-lourds de l’UFC a annoncé lui-même, ce vendredi sur Instagram, avoir échoué à un contrôle antidopage pour de l’EPO (érythropoïétine), une substance interdite qui améliore le transport de l’oxygène dans le sang. Fait notable : cette annonce est venue directement du combattant, avant toute communication officielle de l’organisation ou de sa division antidopage, la Combat Sports Anti-Doping (CSAD).
Un contrôle positif remontant à février
Selon le récit détaillé publié par le combattant suisse, tout commence fin 2025, après un combat au Qatar. Un homme se présentant comme un « professionnel de santé » basé en Suisse le contacte sur Instagram, se dit admirateur, puis évoque des relations influentes et des opportunités d’investissement dans le Golfe. Oezdemir explique qu’à 36 ans, en pleine réflexion sur l’après-carrière, il se montre intéressé.
La conversation change ensuite de nature. Toujours en délicatesse avec une opération de la cheville, le combattant se voit proposer un plan de récupération censé le remettre en forme en deux mois. L’homme lui présente une substance qu’il décrit comme « sûre et indétectable » : une fiole d’EPO, offerte gratuitement, avec la consigne de n’en parler à personne. Oezdemir dit avoir suivi cette recommandation et s’être injecté le produit le soir même.
Trois jours plus tard, une équipe de la CSAD se présente à son domicile pour un contrôle inopiné. Le 5 mars, le combattant apprend que son test est positif. Dans son message, il évoque un mélange de choc et, paradoxalement, de soulagement : « L’illusion s’est brisée, et ma réalité a changé. Mais d’une certaine façon, ce fut aussi un soulagement. »
Seize mois de suspension, une coopération saluée
Oezdemir affirme avoir choisi de tout révéler à l’UFC et à la CSAD dès la notification du résultat. Cette coopération complète lui aurait permis d’obtenir une réduction de peine : la CSAD évoque des suspensions habituelles de 18 mois, deux ans ou plus dans ce type de dossier, contre 16 mois effectifs dans son cas, décomptés depuis la date du contrôle raté. Le combattant met en avant plusieurs circonstances atténuantes retenues par l’instance antidopage : l’implication déterminante d’un tiers se présentant initialement pour des motifs professionnels, la fourniture gratuite du produit, et sa coopération immédiate une fois le résultat connu.
Le combattant insiste cependant sur sa responsabilité personnelle : « En tant qu’athlète de haut niveau, je suis responsable de tout ce que je mets dans mon corps. J’ai fait une erreur, et j’en assume l’entière responsabilité. » Il explique avoir choisi de rendre son histoire publique dans l’espoir d’alerter d’autres athlètes évoluant, comme lui, dans un sport individuel : « L’isolement est un risque. »
Une carrière marquée par un ancien titre manqué
Volkan Oezdemir s’était fait connaître par une série de finishes expéditifs qui l’avait propulsé jusqu’à un combat pour le titre des poids mi-lourds de l’UFC, titre qu’il n’a jamais remporté. Sa suspension de 16 mois, effective depuis février, l’écarte de la compétition pour une bonne partie de la saison à venir. À ce stade, ni l’UFC ni la CSAD n’ont confirmé publiquement les détails du dossier ; les deux instances auraient toutefois indiqué travailler avec l’Agence mondiale antidopage pour instruire l’affaire, sans communiqué officiel à ce jour.
Cette affaire relance, une fois de plus, le débat sur la vulnérabilité des combattants face à des intermédiaires se présentant comme des soutiens ou des professionnels de santé en marge des circuits médicaux officiels des organisations. Elle intervient alors que l’UFC a multiplié ces derniers mois les communications sur son programme antidopage. Reste à voir si l’organisation ou la CSAD publieront un état des lieux plus détaillé du dossier Oezdemir dans les prochains jours.
