Le Rear Naked Choke en MMA : technique, exécution et exemples célèbres

En bref

  • Le Rear Naked Choke (RNC) est un étranglement sanguin appliqué depuis la prise de dos, ciblant les artères carotides.
  • La prise en « V » formée par le biceps et l’avant-bras comprime les deux côtés du cou simultanément.
  • Correctement appliqué, il peut provoquer une perte de connaissance en quelques secondes.
  • Khabib Nurmagomedov, Charles Oliveira et Brendan Allen en sont des utilisateurs particulièrement redoutables.
  • Plusieurs variantes existent : standing RNC, écrasement de mâchoire, et collar choke en gi.

Qu’est-ce que le Rear Naked Choke ?

Le Rear Naked Choke — aussi appelé Back Choke ou simplement RNC, et mata leão (« tue-lion ») dans la culture brésilienne du JJB — est probablement la soumission la plus redoutée en MMA. Appliqué depuis la prise de dos, il ne laisse à l’adversaire aucun angle d’attaque en retour : celui qui subit est entièrement exposé, sans possibilité de frapper ni de se dégager facilement.

Sa réputation tient à son efficacité brute : un RNC bien posé agit en quelques secondes, indépendamment du gabarit ou de la force physique de l’adversaire. C’est l’une des rares techniques où la résistance peut aggraver la situation de celui qui la subit.

Principe biomécanique

Le RNC est un étranglement sanguin : il comprime les artères carotides situées de chaque côté du cou, réduisant instantanément le flux sanguin vers le cerveau. L’avant-bras de l’attaquant agit comme un garrot, tandis que le biceps et l’avant-bras forment un « V » qui scelle le cou des deux côtés simultanément.

Le pli du coude se positionne sous le menton — jamais sur la trachée, ce qui distingue l’étranglement sanguin de l’étranglement respiratoire. La main opposée, placée à l’arrière de la tête adverse, sert de point d’appui pour fermer l’étau. Une pression correctement répartie entre les deux côtés du cou suffit à provoquer une perte de connaissance en quelques secondes.

Exécution depuis la prise de dos

  1. Établir le contrôle de dos. Une fois dans le dos de l’adversaire, maintenir son torse collé contre son dos — tout écart réduit le contrôle. Placer les bras en position « seat belt » (un bras sur l’épaule, l’autre sous l’aisselle opposée) et poser les crochets de jambes pour immobiliser le bas du corps.
  2. Poser l’étranglement. Basculer sur le côté du bras avec lequel on souhaite étrangler. Avec ce bras, glisser le coude sous le menton adverse jusqu’à ce qu’il soit aligné avec le centre du cou, puis attraper le biceps du bras opposé.
  3. Placer la main d’appui. La main du bras opposé vient se positionner à l’arrière de la tête adverse, paume à plat sur le crâne — jamais sur la nuque, ce qui réduirait la pression.
  4. Finition. Serrer les coudes l’un vers l’autre tout en avançant le bassin. Ce sont les hanches qui génèrent la puissance finale, pas uniquement les bras. Le mouvement de bassin « pousse » la tête adverse dans le V formé par le bras.

Erreurs fréquentes

  • Coude mal aligné. Ne pas rentrer suffisamment le bras pour que le coude soit aligné avec le menton de l’adversaire. Un coude trop haut ou trop bas comprime la trachée plutôt que les carotides — l’étranglement est douloureux mais beaucoup moins efficace.
  • N’utiliser que la force des bras. Comme pour la majorité des soumissions en JJB, la finition doit impliquer le corps entier. L’avancée du bassin est le moteur principal ; les bras orientent et maintiennent.
  • Perdre le contact torse-dos. Laisser un espace entre son torse et le dos de l’adversaire réduit le contrôle global et permet à celui-ci de pivoter pour tenter une sortie.

Défenses principales

  • Défendre le bras étrangleur en priorité. Dès que l’adversaire cherche à poser le RNC, attraper son bras étrangleur à deux mains et tenter de l’écarter du menton avant qu’il ne se ferme. Si l’étranglement est déjà en place, la priorité bascule sur le bras posé à l’arrière de la tête — c’est lui qui ferme l’étau.
  • Libérer les crochets de jambes. Sortir ses jambes de l’emprise adverse réduit le contrôle global et ouvre la possibilité de pivoter ou de passer par-dessus pour renverser la position.

Variantes notables

Collar choke (gi). En JJB avec kimono, le revers du col peut remplacer ou compléter l’avant-bras pour exercer la pression carotidienne — la prise est différente mais le principe biomécanique reste identique.

Écrasement de mâchoire. Lorsque l’adversaire défend en rentrant le menton pour bloquer l’entrée du coude, certains pratiquants appliquent une pression sur la mâchoire pour forcer le relèvement de la tête et créer l’espace nécessaire à la pose du RNC.

Standing Rear Naked Choke. Variante debout, souvent utilisée en fin de combat ou depuis une situation de corps à corps. Moins stable car l’adversaire peut encore se déplacer, mais redoutable si le contrôle de dos est solide.

Combattants qui l’ont marqué

Khabib Nurmagomedov — son système de lutte lui permettait d’amener systématiquement les adversaires au sol et de progresser vers la prise de dos. Le RNC était la conclusion naturelle de son jeu de contrôle, rendu presque inévitable une fois le dos pris.

Charles Oliveira — le Brésilien est l’un des plus grands finisseurs de l’histoire de l’UFC. Son RNC est particulièrement redouté car il le déclenche depuis des transitions fluides, souvent en plein échange debout ou lors de retournements au sol.

Brendan Allen — spécialiste du grappling, il utilise le RNC comme aboutissement d’un système de prise de dos méthodique, enchaînant les back takes depuis la garde et le contrôle latéral.

Exemples célèbres en compétition

  • Khabib Nurmagomedov vs. Conor McGregor — UFC 229 (2018). Khabib prend le dos de McGregor au quatrième round et pose le RNC avec une précision chirurgicale, forçant la soumission de l’Irlandais dans l’un des combats les plus attendus de l’histoire de l’UFC.
  • Miesha Tate vs. Holly Holm — UFC 196 (2016). Tate renverse la championne en titre en prenant son dos depuis le sol au cinquième round et en appliquant le RNC — l’un des retournements de situation les plus spectaculaires de la division féminine.
  • Charles Oliveira vs. Dustin Poirier — UFC 269 (2021). Oliveira subit une entrée de combat difficile avant de renverser complètement la situation, terminant le combat par RNC au troisième round et confirmant son statut de champion en titre des poids légers.

FAQ

Le Rear Naked Choke est-il dangereux à l’entraînement ?

Comme tout étranglement sanguin, le RNC peut provoquer une perte de connaissance rapide si le partenaire ne tape pas à temps. Il est impératif de travailler progressivement, de lâcher immédiatement à la première tape, et de ne jamais appliquer la pression maximale sur un débutant non averti. Dans un cadre d’entraînement structuré, c’est une technique sûre.

Pourquoi le coude doit-il être aligné avec le menton et non sur la gorge ?

Un coude posé sur la trachée produit un étranglement respiratoire : douloureux, mais lent et moins efficace en compétition. L’alignement sous le menton permet au pli du coude de se positionner au centre du cou, laissant le biceps et l’avant-bras comprimer les carotides des deux côtés — l’effet est immédiat et ne dépend pas de la résistance à la douleur de l’adversaire.

Peut-on appliquer un RNC sur un adversaire plus grand ou plus fort ?

Oui. Dès lors que la prise de dos est établie et que la technique est correctement posée, le rapport de force physique devient secondaire. La compression carotidienne agit de manière identique quel que soit le gabarit de l’adversaire — c’est précisément ce qui rend le RNC si redouté à tous les niveaux de compétition.

Quelle est la différence entre le seat belt et la prise de dos « deux crochets » ?

Le seat belt désigne le contrôle des bras (un bras sur l’épaule, l’autre sous l’aisselle), indépendamment de la position des jambes. Les crochets (hooks) désignent la position des jambes passées devant les cuisses adverses. Les deux éléments combinés constituent la prise de dos complète — le seat belt contrôle le haut du corps, les crochets immobilisent le bas. Le RNC peut techniquement se poser sans crochets, mais le contrôle est nettement moins stable.

Conclusion

Le Rear Naked Choke est la soumission de référence en MMA : efficace, rapide, applicable quel que soit le gabarit, et pratiquement indéfendable une fois bien posé. Sa maîtrise passe avant tout par la qualité du contrôle de dos — sans prise de dos solide, aucun RNC ne peut aboutir. C’est en travaillant le back take, les crochets et le seat belt que la finition devient naturelle.